L’amour dure-t-il juste 3 ans ? Est-ce un cap pour un couple ? Comment expliquer ce passage d’un amour passionnel et fort à une nouvelle forme d’amour ou pire une remise en question des fondements du duo amoureux ?
8 janvier 2021 : chéri cela fait 3 ans aujourd’hui que nous nous aimons passionnément, 3 ans d’étreintes tantôt câlines tantôt coquines. 3 ans que je fonds de bonheur car l’homme le plus sexy de la planète m’appartient …
9 janvier 2021 : mais t’as vachement de pellicules, j’avais jamais remarqué !!! Et ce début de calvitie c’est vraiment pas sexy… Ah oui je voulais aussi te dire : ce soir ne me réveille pas en rentrant pour faire tu sais quoi, j’ai un début de migraine…
Déjà soyons clairs : ce qui suit ne sont que des pistes de réflexion et d’explication et non pas des vérités généralisables à tous et à toutes.
Autant d’avis que de situations amoureuses
Pour certaines d’entre nous le cap des 3 ans n’a, en aucun cas, été un obstacle à franchir (une balade champêtre en quelque sorte).
Tandis que pour d’autres ça ressemblait à un petit col de moyenne montagne.
Pour d’autres encore, un sommet avec un horrible dénivelé et des avalanches de pierres … parfois même l’un des deux refusa d’aller plus loin dans l’aventure.
Que se passe-t-il donc au bout de trois ans d’amour ?
Voici d’abord les résultats de tests sur l’odorat : on fait sentir à des femmes l’odeur de transpiration ou d’autres odeurs corporelles de garçons rencontrés, elles trouvent ça « agréable » voir excitant. Mais trois ans plus tard, elles jugent ces odeurs comme « désagréables ».
Autre explication physiologique : nous avons vu dans l’article « la rencontre amoureuse », que notre cerveau sécrétait un cocktail d’hormones du plaisir et du bien-être nous rendant accrocs à l’être aimé :
« Non, je t’en supplie, ne me quitte pas ! Ne va pas acheter de croissants. S’il te plaît mon amour reste avec moi. Je dépéris quand tu t’éloignes. »
Vous noterez 2 incohérences dans cette réplique :
- Qui refuse des croissants ?
- Qui utilise le verbe dépérir de nos jours au saut du lit ?
C’est l’amour « illusion-passion-fiction-addiction-natation » (trouvez l’intrus). On ne voit pas les défauts de l’autre : c’est le plus fort, le plus beau, celui qui sent le plus bon (oui parce que dans notre love-trip on perd parfois un peu notre grammaire).
Mais pourquoi 3 ans ?
Dans son livre “Comment devient-on amoureux ? ” Lucy Vincent, docteure en neurosciences et chercheuse au CNRS, donne une explication biologique : tout serait lié au processus de reproduction.
Lors de la rencontre les 2 partenaires s’observant, se « reniflent » pour savoir si l’autre est apte à réaliser correctement la reproduction de son espèce. L’homme doit paraître « costaud » (musclé et testostéroné !) pour protéger sa famille, la femme en bonne santé pour porter l’enfant et l’allaiter. Pendant 3 ans ces 2 partenaires produiraient des hormones leur permettant de rester unis jusqu’à l’indépendance de leur(s) enfant(s).
3 ans c’est, en effet, le temps cumulé de la grossesse puis de la marche et de l’acquisition de la parole.
Ensuite, la production hormonale du cocktail « bien être à gogo » s’essouffle : ce serait la fin de l’amour illusion et le retour brutal à la réalité.
Non j’y crois pas : mon homme est roux ET dégarni ! non ! Comment ai-je pu rater ça ?
Alors si les hormones de l’amour passion nous abandonnent, devons-nous aussi abandonner la partie et accepter de ne vivre que « de conflits et de patates douces » ? (référence à l’expression « d’amour et d’eau fraîche » pour ceux que j’aurais perdus en chemin). Eh bien non, non et non !
Vive l’ocytocine !
Une hormone nommée ocytocine a survécu : c’est l’hormone de l’attachement et du plaisir. Voici, en gros, son message :
« Fais le deuil de ton amour passion et je t’aiderai à construire un amour durable. Mais n’oublie pas de me stimuler avec des échanges, de la nouveauté, du piment,etc … »
Alors hormis un resto surprise, une escapade en amoureux, des tenues sexys, avez-vous des astuces à nous communiquer ?
Bon après si vous nous suggérez un « bain en mer à 6h en décembre » je ne serais pas la première dans l’eau 🙂
Je suis Emmanuelle, mon parcours est le suivant :
professeur des écoles pendant 13 ans (un grand bravo à celles et ceux qui y consacrent leur vie), j’ai démissionné pour faire de ma passion pour le théâtre mon métier
Comédienne, professeur de théâtre je me suis aussi formée en PNL pour apprivoiser un peu l’infini potentiel de mon esprit (en fait ça vaut pour tous les esprits…)
Je ne suis pas docteur en neuro-sciences, je n’ai pas la prétention d’enseigner quoique ce soit juste l’envie de partager des découvertes, des inquiétudes et je l’espère un peu de dérision.

